Moyenne retraités en France : quelle évolution pour les nouvelles générations ?

1 531 euros. Ce n’est pas le salaire médian, ni le prix d’un loyer parisien, mais bien la moyenne brute mensuelle touchée par les retraités français en 2023. Derrière ce chiffre, un panorama complexe où les générations nées après 1970 voient déjà poindre une pension plus maigre, tandis que la mécanique des réformes continue de rebattre les cartes.

À l’heure des bilans, la fracture entre hommes et femmes ne se réduit pas : près de 40 % de différence, toujours au détriment des femmes. Les prévisions officielles, elles, ne laissent guère de place à l’optimisme : la stagnation guette, la baisse s’installe à l’horizon 2060, poussée par le poids du vieillissement et les règles qui se resserrent.

Moyenne des retraites en France : chiffres actuels, écarts et facteurs d’évolution

Regardons les faits. La pension moyenne brute versée en France, tous régimes confondus, s’affiche à 1 531 euros par mois en 2023, selon la Drees. Ce total rassemble la retraite de base et la complémentaire. Pour la majorité des retraités vivant sur le sol français, la pension nette, une fois les prélèvements sociaux déduits, s’établit autour de 1 400 euros mensuels. L’écart reste flagrant entre les sexes : les femmes perçoivent en moyenne 40 % de moins que les hommes. Cette différence s’explique par des carrières souvent incomplètes, le développement du temps partiel, et des passages hors emploi plus fréquents. Chez les salariés du privé affiliés à l’Agirc-Arrco, la pension complémentaire moyenne se situe à 435 euros par mois.

Graphique sur la pension moyenne des retraités en France

Pour mieux cerner l’état des lieux, voici quelques repères sur la retraite en France :

  • Âge moyen de départ : 62 ans et 7 mois chez les femmes, 62 ans et 10 mois chez les hommes.
  • Taux d’activité des seniors : à la hausse, mais toujours en-deçà de la moyenne européenne.
  • Taux de pauvreté chez les retraités : 9,6 % en 2023, inférieur à celui de l’ensemble de la population française.

La moyenne des pensions ne se comprend qu’en tenant compte de l’effet des réformes accumulées. L’allongement de l’espérance de vie, jumelé à la proportion croissante de retraités, entraîne une stabilisation, voire un recul des pensions pour ceux nés après 1970. Les paramètres réglementaires et le niveau de vie se croisent, dessinant un futur moins clément pour les nouveaux retraités, notamment en termes de taux de remplacement et de durée de cotisation requise. N’oublions pas non plus le contraste métropole-outre-mer : dans les départements ultramarins, la pension moyenne reste inférieure d’environ 20 % à celle versée en métropole.

Jeune couple français regardant une tablette dans un parc

Quelles perspectives pour les futures générations face aux réformes et aux projections jusqu’en 2060 ?

Pour les personnes nées après 1970, l’avenir s’annonce sous tension. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit un taux de remplacement, c’est-à-dire la part du dernier salaire transformée en pension, qui pourrait osciller entre 37 % et 41 % du dernier revenu net d’activité d’ici 2060, alors qu’il atteint près de 50 % aujourd’hui pour les salariés du privé. Ce recul s’explique par l’allongement des carrières, la généralisation des parcours professionnels fragmentés, en particulier pour les jeunes actifs et les femmes, et la montée des interruptions de travail.

L’espérance de vie continue d’avancer, bouleversant les équilibres. Pour les générations à venir, le marché du travail sera le point de rupture : taux d’activité des seniors, stabilité de l’emploi, mais aussi fréquence des périodes d’inactivité auront un impact direct sur le montant des futures pensions. Selon l’Insee, la part des retraités dans la population française grimpera à 30 % en 2060, contre 25 % aujourd’hui.

Quelques tendances majeures se dessinent pour les prochaines décennies :

  • Âge moyen de départ repoussé : les dernières réformes pousseront la génération Z à partir autour de 64 ans.
  • Niveau de vie des retraités sous pression : les pensions auront du mal à suivre la progression des salaires, ce qui soulève la question du maintien du pouvoir d’achat.

Le sort des futures générations dépendra fortement de la capacité du système à évoluer, mais aussi de la prise en compte des inégalités croissantes entre parcours professionnels, statuts et territoires. Les projections du COR et de la Drees mettent en garde : chaque modification, chaque réforme, jouera un rôle décisif dans le quotidien des actifs d’aujourd’hui, retraités de demain. Reste à voir si, dans cette course d’endurance, la solidarité collective tiendra la distance ou si l’écart se creusera encore.

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