Ouvrir la porte d’un EHPAD, c’est souvent pénétrer dans un univers méconnu, où l’organisation rivalise avec l’improvisation du quotidien et où chaque décision résonne bien au-delà des murs de l’établissement. Entre chiffres de résidents, protocoles et espoirs d’amélioration, la directrice adjointe d’un EHPAD public nous livre les dessous d’un métier qui ne s’arrête jamais vraiment.
Quel formation suivre et quelle expérience doit-on avoir dans le secteur médico-social ?
Mon parcours a démarré en tant qu’infirmière d’État, diplôme en poche, avec la volonté d’endosser des responsabilités en santé. Après une première expérience comme directrice d’un EHPAD privé à but lucratif, j’ai rapidement choisi de revenir dans le secteur public. Aujourd’hui, à 50 ans, j’occupe le poste de directeur adjoint chargé des affaires générales dans un EHPAD public, où la polyvalence est la règle. Pour compléter mes compétences, j’ai validé un diplôme universitaire en assurance qualité hospitalière (DUAQH), ciblant ainsi les évaluations internes et externes et la gestion qualité.
Pouvez-vous nous présenter l’EHPAD que vous gérez ? Quels sont les profils de vos résidents ?
L’établissement où j’exerce est un pôle gérontologique public autonome, piloté par un conseil d’administration sous la présidence du maire. Sa taille impressionne : cinq bâtiments, six logements, près de 200 lits habilités à l’aide sociale. Une unité de vie protégée accueille les personnes atteintes d’Alzheimer ou présentant des troubles apparentés, et un centre prend en charge les formes plus légères de la maladie. Depuis 2016, une équipe dédiée intervient aussi à domicile pour ces patients.
L’âge moyen dépasse 87 ans et la durée de séjour tourne autour de quatre ans ; chaque année, une cinquantaine de décès surviennent. J’ai constaté que les pathologies neurodégénératives progressent d’année en année. Les autres résidents présentent souvent des problèmes cardiaques ou rhumatismaux.
Côté encadrement médical, l’équipe compte 162 agents de la fonction publique hospitalière (en équivalent temps plein) : médecins, infirmières, aides-soignants, aides médico-psychologiques. Chacun joue un rôle clé dans le quotidien de l’établissement.
Quelles sont vos missions au sein de cet établissement ? Et les compétences clés pour faire votre travail ?
En maison de retraite, la direction porte plusieurs casquettes. Je jongle entre la gestion générale, la qualité et la sécurité, la formation des soignants et la gestion des ressources humaines. Concrètement, il s’agit d’anticiper, de répondre aux urgences, de maîtriser les aspects juridiques des statuts et des droits, sans oublier la gestion des conflits. L’écoute, la patience et la capacité à reformuler s’avèrent précieuses, surtout quand il s’agit de soutenir les équipes dans un contexte tendu. L’efficacité tient surtout à la cohésion de l’équipe : mon rôle consiste à organiser, à donner le cap, à garantir la méthode.
À votre avis, quels sont les principaux moyens d’améliorer la qualité de vie dans les maisons de soins infirmiers ?
Les attentes sont fortes, particulièrement du côté des familles, qui financent l’hébergement. Depuis 2009, nous avons mené des campagnes d’agrandissement et de modernisation, étape par étape. L’objectif : offrir à chacun une chambre individuelle avec douche privative, dans un cadre agréable. La cuisine préparée sur place contribue aussi à la qualité de vie.
Pourtant, la pression budgétaire oblige à fonctionner avec moins de moyens. Pour y faire face, il faut innover : mutualisation des tâches, recherche de solutions techniques, ajustement des organisations. Voici quelques axes concrets sur lesquels je m’appuie pour faire évoluer la vie de l’établissement :
- Renforcer l’accompagnement des soignants, parfois à bout de souffle. Des solutions comme les lits de répit ou l’accueil temporaire pourraient alléger leur charge et prévenir les situations de maltraitance liées à l’épuisement.
- Développer les compétences sociales des équipes, notamment pour mieux guider les familles dans les démarches d’accès aux aides sociales ou autres dispositifs financiers.
- Former davantage les proches aidants, surtout à l’heure où les gériatres se raréfient. Cela passe aussi par la montée en expertise des infirmières.
- Améliorer la présence et les compétences du personnel de nuit, encore trop limité.
- Installer sur place certains dispositifs médicaux, comme des équipements pour de petites interventions dentaires, afin d’éviter des transferts éprouvants pour les résidents.
- Saisir les opportunités offertes par les nouvelles technologies, par exemple avec des systèmes de localisation pour les résidents sujets à l’errance nocturne.
- Ouvrir l’EHPAD à de nouveaux intervenants, comme les services civiques, qui apportent soutien et présence humaine.
Heureusement, les appels à projets offrent des leviers pour financer ces évolutions !
Comment les appels des projets fonctionnent ?
Chaque année, après la répartition des budgets, l’Agence régionale de santé (ARS) cible les priorités d’évolution. Elle lance alors des appels à projets, des candidatures ou des manifestations d’intérêt, assortis de financements ou d’un appui technique. Les établissements soumettent alors des dossiers argumentés, en réponse aux cahiers des charges précis. Une commission évalue les propositions et attribue, ou non, les subventions, avec un suivi constant de la mise en œuvre.
Les appels à projets sont publiés sur le site de l’ARS, qui mérite d’être consulté très régulièrement. Pour saisir les opportunités, mieux vaut rester attentif et réactif. Personnellement, j’anticipe toujours les axes d’évolution de l’EHPAD pour répondre rapidement aux sollicitations. Les délais sont courts ; la réactivité fait la différence.
À titre d’exemple, nous avons récemment décroché trois financements : l’un pour la télémédecine, un autre pour créer un poste d’infirmier(e) de nuit, et le dernier pour l’automatisation de la pharmacie à usage intérieur. Cette dynamique demande beaucoup d’énergie, mais c’est un moteur formidable pour le progrès.
COMMENT TROUVER UN EMPLOI de direction DANS UNE MAISON DE RETRAITE ?
Ce secteur attire de plus en plus de candidats prêts à s’engager, mais les postes de direction restent peu visibles. Pour faciliter la recherche, il existe la section emploi direction sur les plateformes spécialisées, qui centralise les offres et permet de cibler les postes à responsabilités.
Postuler dans une maison de retraite : difficile ?
Détenir les diplômes requis pour travailler ou diriger une maison de retraite constitue une première étape incontournable. Mais la visibilité sur le recrutement demeure faible, ce qui complique l’accès à ces postes, malgré les besoins du secteur.
Pourquoi vous diriger vers des plateformes comme hellowork ?
Pour ceux qui souhaitent décrocher un emploi de direction en maison de retraite, la section dédiée sur les plateformes de recherche d’emploi en ligne offre une solution efficace. Il devient simple d’identifier les offres correspondant à vos aspirations et de postuler directement via la plateforme, ce qui accélère le processus de mise en relation avec les employeurs.
Ce type de plateforme rassemble l’ensemble des recruteurs, même pour les secteurs les moins connus. Cela permet non seulement de répondre aux annonces, mais aussi d’adresser des candidatures spontanées. Les postes à responsabilité exigent une certaine audace et la capacité à saisir les opportunités dès qu’elles se présentent.
Autre atout : la plateforme vous informe à chaque étape : dès qu’un recruteur consulte votre candidature, ou vous répond, une notification vous parvient. En période de recrutement actif, les retours peuvent arriver rapidement, parfois en moins d’une semaine.
Enfin, l’algorithme vous oriente vers des offres pertinentes, en fonction du profil que vous avez renseigné. Lors de votre navigation, les annonces correspondant à votre parcours sont clairement signalées, ce qui clarifie votre stratégie de candidature.
Dans cet univers où la demande de compétences ne faiblit pas, la direction d’un EHPAD reste un défi permanent : entre gestion humaine, technique et financière, chaque avancée compte. Pour ceux qui veulent s’engager, la porte n’est jamais totalement fermée. Peut-être que la prochaine révolution du secteur viendra d’une candidature inattendue, ou d’un projet qui bousculera les habitudes. Qui sait ?

